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Culture et intégration
Le Togo, fort de sa quarantaine d'ethnies, présente une culture très riche en couleur. En bon pays africain, les traditions et les coutumes continuent quotidiennement d'occuper une place importante au sein de la société. Et les plus âgés ou les plus avertis ne manquent pas une occasion de le rappeler à leurs cadets : Il faut saluer de cette manière et non comme ça…chez les éwé et les mina comme dans beaucoup d'ethnies, il faut toujours, quand on commence un repas lancer une invitation à manger, des que quelqu'un est à côté de vous ou s'il vient d'arriver…on n'appelle pas bien plus âgé que soi par son prénom, mais par le qualificatif de Foi (littéralement « Grand Frère petit » qui est un statut de « Grand Frère », qui peut par exemple dans une famille, désigner le cadet, comparé à l'aîné), Logan ( littéralement « Grand frère grand », qui veut aussi dire « Grand Frère », mais plus dans le sens de l'aîné ), Papa ou Toge (marques de respect qui veulent dire concomitamment Père ou vieux), Dada ( qui veut dire concomitamment Mère ou vielle ), « Nyanja » qui peut parfois être plus ou moins péjoratif selon le contexte, est le vrai mot pour dire Vieille, Tödi (Atave) ou Tongan (Atagan) pour petit et grand oncle), Nordi (Tassili) ou Nolan (Tassigny) pour petite ou grand tante…ou avec l'emprunt au français Tonton ou Tata, même si la personne désignée n'est pas votre oncle ou tante…Il faut toujours si l'on veut saluer une petite assemblée de personnes ( lors d'une réunion de famille, par exemple) en leur serrant la main, serrer la main à chaque membre dans un ordre successif de la droite vers la gauche… les demandes en mariage et les fiançailles se font toujours dans les strictes règles des traditions…renverser légèrement une petite partie de son verre d'alcool sur le sol en guise d'offrande aux ancêtres, quand on boit et plus souvent au cours des cérémonies. Ou encore la tradition des prénoms correspondant au jour de la semaine qui vous a vu naître. Si vous êtes né un mardi, vous vous appelez forcément Komlan si vous du sexe masculin, Alba si vous êtes une fille ; Koffi, vous êtes né un vendredi et vous êtes un garçon, si vous étiez une fille, ça Afin ou Afula pour vous, ou alors ESI, le dimanche. La liste est très longue et très exhaustive, les unes plus compliquées et délicates que les autres. On s'y perdrait s'en doute à essayer de les énumérer. Mais malheureusement, sans pourtant chercher à les énumérer, ce sont elles, que sont en train de perdre la plupart des jeunes de la ville, qu'ils y soient nés ou qu'ils y aient seulement grandi, au profit d'autres cultures qu'ils maîtrisent parfois très mal. Le Togo est un grand consommateur de cultures importées d'Afrique ou d'ailleurs. C'est une particularité dans la Sous-région. Quel que soit l'endroit du globe d'où vient cette culture, elle trouve toujours acheteur chez le togolais, qui se l'approprie et ressent toujours le besoin de marquer sa différence. Pourquoi ? Grande question ? On tentera peut-être, d'y répondre plus tard. Ce qui est sûr, c'est que ce phénomène comporte des avantages, mais aussi des inconvénients non négligeables. Mais il faut reconnaître que cette différence recherchée activement, se limite souvent à la culture générale. Il n'y a pas que les traditions qui font les couleurs de la culture togolaise. Il y a aussi la musique et la danse, sans lesquelles, les togolais se verraient retirer immédiatement, le droit sacré de compter parmi les nations africaines. Toutes les ethnies ont leurs us et coutumes, et toutes les ethnies ont leurs chansons et leurs manières toutes singulières de l'accompagner d'instruments propres à eux, et de danser sur le rythme avec fougue. Qu'il s'agisse d'Abada des peuples de la côte, d'Papesse dans les plateaux, de Kamo au nord et bien d'autres, les cercles sont vite formés par une assemblée sereine ou emportée, ou encore très excitée presque en transe d'hommes, de femmes et d'enfants qui sans se concerter connaissent parfaitement leurs partitions, tapent des mains, lancent des cris, donnent la réplique ou chantent les refrains. Les danseurs tour à tour au milieu cercle, sourire aux lèvres, ou mines visant à montrer leur expertise, affichent tous leurs talents et improvisent si nécessaire sous l'exclamation approbative des leurs. Les batteurs de tam-tam, et les joueurs d'autres instruments, du sommet de leur art, la sueur du visage constamment étanchée par le pan des pagnes de femmes qui rivalisent en voix et en charme, montrent leur savoir-faire, jouent et jouent encore, sans relâche jusqu'à l'épuisement. Les cérémonies sont nombreuses et les occasions pour faire la fête aussi. Même les funérailles, aujourd'hui presque toujours mi- traditionnelles, mi- modernes, n'échappent pas à la règle et finissent souvent dans une ambiance festive, après de grands et graves recueillements. La sculpture, la forge, la tresse, le tissage de paniers et autres, le métier de tisserand d'étoffes, des fameux Ket au sud, les cordonniers, la fabrication des objets décoratifs et purement artistiques, l'artisanat en général, les traditions et croyances animistes sont autant de raisons de reconnaître à la culture togolaise toute sa richesse. Les contes, les poèmes, les devinettes et les chants, la nuit autour du feu ou aux champs pour oublier la pénibilité de la tâche et la lourdeur du soleil qui en contrepartie de ses faveurs vitales, brule la peau sans état d'âme. Pour passer le temps, les jeux de société font également partie de ce décor culturel. L'Ardito (Awalé) est très prisé par toutes les tranches d'âge, sans distinction de sexe et de rang. Les pécheurs de la côtes, comme les chasseurs de la région des plateaux jusqu'au grand nord, ne vont généralement, jamais à l'ouvrage sans être parés d'une panoplie d'amulettes, portées bien visibles sur les différents membres de leur corps, censées les protéger contre le malheur, éloigner les mauvais sorts, les dangers, les mauvais esprits et attirer les faveurs des dieux et des ancêtres pour une bonne campagne. Apres l'effort, selon que l'on cherche à se rafraîchir ou à évacuer la fatigue et le stress, les boissons sont là pour retrouver ses esprits ou les laisser s'évader: pour les boissons sucrées Li ha, Alagna (boisson de fruit de baobab), Bissa, Doté ha (boisson de gingembre, réputée à juste titre aphrodisiaque), auraient aussi les même vertus aphrodisiaques Edo (Corossol), Foi Zog bon, ananas et toute une gamme de jus de fruit…pour les Alcools ou boissons alcoolisées, Soda bi (qui n'a rien à envier à la Vodka russe) dont le gout, la robe, l'appellation varie selon les ingrédients qu'on lui ajouter et le but recherché (médicinal, aphrodisiaque, simple, apéritif, liqueur etc.), Dé ha (Vin de palme), Tchapalo, Tchoukoutchou. La cuisine togolaise, pour l'étranger d'outre-mer, exotique, est très fournie et varie du sud jusqu'au nord du pays. Koulikov, Abadan, Kako, Akan, Abloc, EGLE, Akoué, Malou (riz), Moloukome, Veil, Airolo, Dénoue servis avec les sauces (épicées à volonté) Goma, Adema, Flétri, Aidés, Dé dessin, Yébésséssi (sauces de piment et tomate)…qui elles memes rivalisent de saveurs selon la viande utilisée dans leurs contenus : Nyilan, Kokolan, Holan, Hanlan, Doevi, Akpala, Lizzi, Bolou etc. De nombreux délices, pour le bonheur des papilles gustatives, méritent que l'on approfondisse les mysteres et les secrets de ces bonnes femmes habiles au fourneau, qui apprennent à leurs filles, ce qu'elles tiennent elles-mêmes de leurs mères. Pour la plupart des ethnies, la tâche de la cuisine revient à la femme et fait totalement partie de son arsenal de séduction pour trouver un amant ou un mari. Avis est lancé aux amateurs de gastronomie et des vrais délices de la vie. Misogyne, s'abstenir de peur de mourir de faim ! Telle est en quelques mots avec une note badine pour la fin, en partie l'essence de la culture togolaise qui est en réalité, l'on s'en doute, très vaste, illimitée. C'est une culture plastique et très élastique qui se fait et se refait au quotidien. C'est pour cela qu'elle n'est pas que traditionnelle, la culture togolaise. Elle est aussi moderne et doit à chaque étape de son évolution, principalement son charme à la créativité et au génie artistique de la jeunesse. Certes tous les pays africains sont accueillants et ouverts, mais comparativement, le Togo est un pays très ouvert aux autres cultures et il a tendance à beaucoup absorber les pratiques et murs venues d'ailleurs parfois, paradoxalement au détriment de sa propre culture. Ce qui est dommage, c'est que celle-ci y laisse des plumes. Pas n'importe lesquelles ! Celles de son authenticité, comparativement par exemple à ce que l'on observe au Ghana ou en Côte d'ivoire, au lieu de s'en enrichir à bon escient. Le Togo, est par conséquent, devenu un carrefour de cultures, ou vivent et sont libres de s'exprimer et de partager en toute fraternité, diverses communautés. Le malaxage des cultures autochtones entre elles, et entre elles et les cultures étrangères donne une touche toute particulière à la culture moderne togolaise. Musique, arts, danse, gastronomie, langues, littérature, mode vestimentaire, coupes de cheveux …tout y est compris. Qu'une culture perde son authenticité en faveur d'un enrichissement en valeurs, n'est pas forcément une mauvaise chose en soi. Mais le danger apparaît quand elle perd son identité. Il faut à partir de ce moment se mobiliser pour veiller ; veiller à favoriser l'échange, mais aussi veiller à préserver l'essence qui fait de cette culture, une unité spécifique de la diversité de l'Humanité. C'est à cela qu'aspire la TJC à travers l'organisation de rencontres, de soirées de type culturel, interculturel, à travers la promotion, le soutien, et à travers la mise en avant de toutes les formes de cultures et leur brassage constructif pour enrichir la créativité et l'engagement de l'esprit humain.

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